La fréquentation des salles de cinéma en France a chuté de 11% en 2005. Bien sûr, d’ici quelques jours (voire quelques heures), les représentants de l’industrie du film vont incriminer le piratage et les téléchargements illégaux. Comme toujours, les vraies questions ne seront jamais posées; entre autres :

  1. • Que souhaitent voir les spectateurs au cinéma ?
  2. • Pourquoi deux places de cinéma coûtent-elles le même prix qu’un DVD, alors que celui-ci permet un visionnage illimité et à plusieurs ?
  3. • Pourquoi aller voir au cinéma ce que l’on peut voir sur le câble ou le satellite quelques mois plus tard pour peu de frais ?

Le budget pour les loisirs n’augmentant pas proportionnellement avec l’offre (DVD, câble, satellite, On-Demand, Internet, …), il est mathématique que certains secteurs pâtissent de l’émergence de nouveaux marchés.

Le vrai débat n’est donc pas de l’avenir du “film” en tant que tel (qui a, comme le prouve les ventes de DVDs, un très fort potentiel), mais de sa consommation. À l’instar des flippers et des salles d’arcades mis à mal par l’avènement des jeux vidéo, il est fort possible que les diverses offres de “cinéma à la maison” finissent par transformer les salles de cinéma en reliques du passé.

Déjà, la logique actuelle des studios américains est telle que le retour sur investissement n’est plus escompté sur le marché d’origine (les salles de cinéma) mais sur tous les marchés dérivés. Récemment, il y a eu beaucoup d’exemples de films au box-office lamentable qui ont eu une seconde vie salvatrice en DVD. Il en résulte que les salles obscures sont de plus en plus utilisées comme “beta-tests” grandeur nature pour donner suite à une sortie vidéo en grandes pompes – la multiplication des ‘director’s cuts’, versions longues et autres fins alternatives n’y sont d’ailleurs pas étrangers.

Et si l’on rajoute à tout cela les essentiels bonus, commentaires audio, reportages… on peut en déduire que le “film nu” attire de moins en moins le grand public.

À moins de pouvoir répondre à ces attentes, les exploitants ont du souci à se faire.