Depuis trois semaines passe sur ABC (grosse chaîne commerciale) une nouvelle série de télé réalité, appelée Food Revolution. L’idée est de suivre le chef britannique Jamie Oliver dans sa tentative d’instaurer aux États-Unis une révolution culinaire (bonne chance – GL pour Marianne – me direz-vous, c’est aussi ce que je me suis dit). Comme le mec est soit un saint, soit suicidaire, soit juste logique, il a commencé à Huntington en Virginie de l’Ouest, la ville la plus malsaine du pays (et donc du monde en gros) : les habitants ont en moyenne 15 ans d’espérance de vie en moins que le reste de la population et ce pour cause d’obésité.

C’est très, très difficile de décrire de manière efficace ce que l’on voit dans chaque épisode alors je vous mets la “bande annonce” ici:

En gros, dans ces quelques minutes seulement on voit que les enfants ont de la pizza pour le petit déjeuner à l’école (ils auront des nuggets de poulet pour le déjeuner et apparemment des nuggets ou de la pizza le soir à la maison), on apprendra plus tard que d’ailleurs ils n’ont qu’une cuillère à la cantine, jamais de fourchette ou de couteau (faudrait pas non plus qu’ils puissent manger de la nourriture “normale”, ça risquerait de faire s’effondrer le cours du hamburger), et c’est valable pour des enfants de 4 à 10 ans… Jamie Oliver montre aussi aux parents la quantité de sucre et de gras qu’ingurgitent leurs rejetons chaque semaine ou chaque année à l’école; ou encore découvre que les enfants n’ont aucune idée de ce qu’est une tomate.

Après seulement trois épisodes, on dépasse la tentation (bien naturelle n’est-ce pas) de se moquer des Américains qui n’y connaissent rien. Ce que l’on voit est tragique, la société est arrivée à un point où les gens n’ont aucune idée de ce qu’ils mangent, de ce qu’ils devraient manger ou même du fait qu’ils devraient remettre en cause leur style de vie. Depuis deux générations en gros cette population a subi un lavage de cerveau médiatique, culturel et économique visant à lui faire avaler tout et n’importe quoi tant que l’industrie “alimentaire” se fait du fric sur leur dos. Et même si cela leur coûte 15 ou 20 ans d’espérance de vie.

Parce que l’autre chose que l’on voit dans ces épisodes ce sont des jeunes de 16 ans à qui l’ont a donné 7 ans d’espérance de vie, ou de 12 ans à qui l’on parle d’amputation pour cause de diabète dans les prochaines années, franchement ça fait flipper. L’obésité est d’ailleurs responsable à elle seule de 10 % des dépenses de santé aux États-Unis. Ces épisodes sont à la fois fascinants et absolument déprimants parce qu’ils nous montrent à quel point la société occidentale (et la France est malheureusement loin d’être à l’abri) est en pleine dégénérescence et comme il est facile de faire revenir une population à l’état quasi animal (j’espère que ça passera un jour en France pour que vous vous rendiez compte que je n’exagère pas).