Rencontre aujourd’hui avec Pete Anthony, orchestrateur et chef d’orchestre pour Danny Elfman, James Newton Howard, Christopher Young, Marco Beltrami, John Powell, ou encore Marc Shaiman. Je l’avais contacté il y a quelques semaines complètement au hasard, histoire de voir si il n’aurait pas du boulot pour moi. Comme il partait en vacances, rendez-vous fut pris pour septembre.

Nous avons discuté pendant une petite heure et demie dans son studio à Malibu. Il est très, très sympa, même si il ne mâche pas ses mots et s’il n’hésite pas à critiquer sévèrement l’industrie du film à Los Angeles. On a un peu parlé de mon background, de ce que je faisais chez Bill (qu’il adore), de ce que je comptais faire plus tard, etc.

On a aussi abordé les difficultés politiques et diplomatiques que rencontraient les compositeurs aujourd’hui; il avait bien sûr plein d’anecdotes à raconter (notamment sur James Newton Howard lors de l’enregistrement de Unbreakable à Londres). Sans vouloir me décourager, il avait l’air assez négatif sur l’évolution du business et m’a bien fait comprendre qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que la relation compositeurs / producteurs s’améliore dans le contexte “films à gros budget.”

Afin de comparer le monde de l’orchestration et celui de la composition dans l’industrie actuelle, il m’a dessiné un rapide cercle sur un bout de papier, qu’il a divisé en deux partie inégales, une petite, et une très grosse. Il m’a ensuite expliqué que, selon lui, le monde de l’orchestration, c’est 90% de musique (“the good!“, me disait-il en pointant son stylo sur la grosse partie) et 10% de business (“the bad!“, en pointant son stylo sur la petite partie). Par comparaison, les pourcentages sont inversés dans le monde de la composition : c’est donc 90% de business (“the bad”) et 10% de musique (“the good”). Autrement dit, à moins d’aimer le business, ses défis politiques et diplomatiques, mieux vaut se méfier des films à gros budgets si l’on veut survivre comme compositeur à Hollywood.

Cela rejoint certaines de mes réflexions récentes sur le sujet, et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.