Tue 4 Sep
Rencontre aujourd’hui avec Pete Anthony, orchestrateur et chef d’orchestre pour Danny Elfman, James Newton Howard, Christopher Young, Marco Beltrami, John Powell, ou encore Marc Shaiman. Je l’avais contacté il y a quelques semaines complètement au hasard, histoire de voir si il n’aurait pas du boulot pour moi. Comme il partait en vacances, rendez-vous fut pris pour septembre.
Nous avons discuté pendant une petite heure et demie dans son studio à Malibu. Il est très, très sympa, même si il ne mâche pas ses mots et s’il n’hésite pas à critiquer sévèrement l’industrie du film à Los Angeles. On a un peu parlé de mon background, de ce que je faisais chez Bill (qu’il adore), de ce que je comptais faire plus tard, etc.
On a aussi abordé les difficultés politiques et diplomatiques que rencontraient les compositeurs aujourd’hui; il avait bien sûr plein d’anecdotes à raconter (notamment sur James Newton Howard lors de l’enregistrement de Unbreakable à Londres). Sans vouloir me décourager, il avait l’air assez négatif sur l’évolution du business et m’a bien fait comprendre qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que la relation compositeurs / producteurs s’améliore dans le contexte “films à gros budget.”
Afin de comparer le monde de l’orchestration et celui de la composition dans l’industrie actuelle, il m’a dessiné un rapide cercle sur un bout de papier, qu’il a divisé en deux partie inégales, une petite, et une très grosse. Il m’a ensuite expliqué que, selon lui, le monde de l’orchestration, c’est 90% de musique (“the good!“, me disait-il en pointant son stylo sur la grosse partie) et 10% de business (“the bad!“, en pointant son stylo sur la petite partie). Par comparaison, les pourcentages sont inversés dans le monde de la composition : c’est donc 90% de business (“the bad”) et 10% de musique (“the good”). Autrement dit, à moins d’aimer le business, ses défis politiques et diplomatiques, mieux vaut se méfier des films à gros budgets si l’on veut survivre comme compositeur à Hollywood.
Cela rejoint certaines de mes réflexions récentes sur le sujet, et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.
Intéressante rencontre, j’espère que tu lui as volé son répertoire téléphonique et son carnet d’adresses.
Oui, et les clefs de sa maison !