Sun 3 Dec
Histoire de démontrer à Carl qu’il n’y a pas qu’en Chine qu’on va voir des ballets, je suis allé voir ce soir Casse-Noisette par le Los Angeles Ballet.
Bon, en fait, ce n’est pas tout à fait vrai. La chef d’orchestre (oui, c’est une femme !) est celle avec qui j’avais pris des cours à UCLA Extension il y a quelques mois. Elle nous avait donc envoyé un email pour nous prévenir.
La soirée s’annoncait interéssante: c’est la saison inaugurale du Los Angeles Ballet, une troupe qui vient tout juste de se former. Moi qui n’aime pas particulièrement les ballets, j’espérais pouvoir en profiter pour redécouvrir un genre que j’avais un peu délaissé (ma dernière experience remontant au Lac des Cygnes à l’opéra Bastille en 1998).
J’avais donné rendez-vous à deux amies, que j’avais justement rencontré pendant le cours de direction. À peine arrivés, une d’entre elles nous annonce que, pour des raisons de budget, une partie de l’orchestre sera pré-enregistrée et retransmise par des haut-parleurs. Il n’y aura donc que 25 instrumentistes dans la fosse. Ça commence bien.
Histoire d’en savoir plus, je me procure un programme… tout ça pour découvrir, horrifié, qu’en plus certains instruments seront remplacés par des sons synthétiques ! Sacrilège !!! Je suis le premier à être conscient des problèmes de budgets (j’ai pu experimenter ce genre de situation lors de mon travail sur deux comédies musicales à Boston, dans une troupe de théatre amateur), mais tout de même – on ne parle pas ici de n’importe quoi, c’est quand même censé être le “Los Angeles Ballet” mozafok !
Nous avons vite compris où était passé l’argent: Les décors et les costumes étaient absolument magnifiques. Il y avait de la fausse neige, des faux canons, des fausses bougies, une maison de pain d’épice, une horloge, un énorme lit. Les rideaux étaient très bien décorés, les éclairages très bien pensés. Chacun des 45 (!) danseurs étaient parfaitement habillés… des costumes de soldat, des costume de rats, des costumes d’époque… l’attention du détail était flagrante.
À côté de ça, la chef d’orchestre faisait son possible avec ses 25 musiciens. Quant on sait que la partition originale de Casse-Noisette demande facile 60 instrumentistes, ça faisait peur à voir. Toutes les percussions étaient synthétiques; les cymbales sonnaient creux, les timbales n’avaient pas de relief, le celesta avait bien trop de reverberation. Les cordes, jouées en live par une quinzaine de musiciens, étaient doublées par des sons de synthèses. De même pour les bois et les cuivres. Le résultat êtait pitoyable, indigne d’une troupe qui se veut au “top du top”.
La gestion du budget était visiblement complètement pourrie : ils auraient facilement pu enlever 15 danseurs et les remplacer par des musiciens. Les décors, certes sublimes, paraissaient complètement démesurés compte tenue de la pauvreté musicale.
J’aurais largement préféré voir des danseurs danser sur un enregistrement qu’assister à pareille débacle. Nous sommes tous repartis dégoutés.
Paradoxalement, j’ai pu pour la premiere fois me concentrer sur la danse. Le côté musical était tellement horrible que je n’avais de toutes façons pas d’autre solution. D’autant que nos places avaient couté 40$ l’unité.
La (seule) bonne nouvelle, c’est que je commence à comprendre le Ballet.

«La (seule) bonne nouvelle, c’est que je commence à comprendre le Ballet.»
Non? Tu te mets a nettoyer chez toi??!! Enfin!!!!
Idiot ! Il y’a un B majuscule ! On parle pas de ballet chiottes ici !
Oups…
Lol comme quoi on a eu de la chance Olivia et moi, on peut facilement tomber sur un désastre total
Je doute qu’on puisse tomber sur un truc comme ça dans n’importe quel autre pays… Doubler un orchestre accoustique par des sons de synthèse, je n’avais jamais vu ça.
En gros Casse-Noisette ça t’a cassé les noix !
Oui bon, ok, je sors…