Thu 24 Nov
On dit qu’on est pas un vrai conducteur avant d’avoir eu au moins un accident. Si c’est le cas, alors je suis un vrai conducteur depuis jeudi dernier.
J’étais tranquillement en train de conduire au volant de ma Passat, dans les embouteillages chroniques de l’Interstate 405, quand soudain, c’est le drame: le pick-up Dodge (dans ce style là ) qui me précède freine un peu brusquement. Reconstitution:
0:000 Merde, il faut que je freine
0:250 Je déplace mon grand pied vers la pédale de frein
0:500 Mon grand pied se bloque sous la pédale
0:750 Merde alors, je vais me prendre la voiture, il faut que je freine !
1:000 Je dégage mon pied vers la droite
1:250 Je déplace mon pied vers la pédale de frein (2ème)
1:500 Mon pied se bloque sous la pédale (2ème)
1:750 Je vais mourir !
2:000 Je dégage mon pied vers la droite (2ème)
2:250 Je déplace mon pied vers la pédale de frein (3ème)
2:500 mon pied arrive sur la pédale de frein
2:550 Je freine
2:750 Crack
…
4:000 FUUUUUUUUUUUUUUCK !!!
Je n’allais pas bien vite, environ 10-15 mph (15-25 km/h), et le choc n’a donc pas été très fort. Ce qui a fait mal, c’est de voir le capot se replier sur lui-même. Ça fait un peu peur aussi, de se retrouver coincé au milieu d’une autoroute bondée. Heureusement, personne n’allait vite et il n’y a pas eu d’effet boule-de-neige.
Bien qu’en état de choc, premier réflexe : je sors mon portable et j’appelle le 911. Une dame, bien gentille, me demande ma position sur l’autoroute, si il y a des morts ou des blessés. Puis elle me demande si ma voiture fonctionne encore et si je peux passer sur la bande d’arrêt d’urgence. Je suis sur la deuxième file à gauche, et – heureusement – il y a une bande d’arrêt d’urgence totalement sur la gauche. Une fois m’être assuré qu’un membre de la Highway Patrol locale est sur le chemin, je brave tous les dangers et sort de mon véhicule pour vérifier que le pick-up et son conducteur vont bien.
Ce chanceux s’en sort sans une égratignure – je suis littéralement passé sous l’arrière du pick-up. Il n’y a aucune marque sur sa voiture, alors que ma Passat n’a plus de capot, plus de grille frontale, les deux feux enfoncés, et je ne sais quels dégâts sous le capot. L’autre gars avait l’air pressé et me dit donc qu’il n’a pas de raison de rester puisque lui n’a rien de cassé et que son pick-up n’a aucun problème. Sous l’effet du choc et de la culpabilité, j’oublie de prendre son nom et lui souhaite bon vent. Je devais vraiment être dans les vapes parce que je l’ai littéralement laissé partir sans rien dire. Mais en rentrant dans ma voiture je me dis que j’ai intérêt au moins à avoir la signalisation du véhicule que je viens d’emboutir : je note donc rapidement la plaque d’immatriculation et la marque du pick-up.
Ensuite, il fallait encore sortir ma voiture du milieu de l’autoroute. Quelques minutes après m’être faufilé sur la bande d’arrêt d’urgence, la cavalerie arrive, me demande si tout va bien et si je souhaite déposer plainte (vu que je me sens fautif à 100%, je n’estime pas nécessaire de le faire). Puis, voyant que ma voiture semble rouler sans problème, il me propose deux choix : soit j’attends une dépanneuse, soit je sors de l’autoroute pour aller voir un garagiste. Je décide de choisir la deuxième solution. Je rentre ainsi en pleine série américaine : le flic allume ses gyrophares, m’indique la marche à suivre par l’intermédiaire de son mégaphone (qui s’entends drôlement bien de l’intérieur de la voiture, je pense qu’il y a un truc !), et commence à barrer la route aux voitures qui arrivent, pour que je puisse changer de file en sûreté.
Une fois sorti de l’autoroute, je décide de rentre chez moi plutôt que d’aller travailler. Je dois avouer que la vue de mon capot replié était plutôt déprimante, et que je ne me sentais pas trop bien. En fait, je n’avais plus trop envie de conduire, encore moins d’aller travailler à 30 bornes de là , en particulier dans une voiture dont j’ignorais les dégâts internes.
Lundi, je me retrouve chez l’assureur pour qu’il fasse sa propre estimation : environ $1700 pour réparer les dégâts extérieurs – sans doute plus une fois que le capot sera ouvert (il ne peut pas l’ouvrir car il ne pourrait pas le refermer ensuite, c’est le garagiste qui s’en occupera). Dans la foulée, je vais donc chez le garagiste pour y déposer la voiture, afin d’avoir la nouvelle estimation. Mardi, je reçois un coup de fil du garagiste qui m’indique qu’il estime le coût à plus de $4000. En effet, le radiateur et le condensateur sont à changer, ainsi que la calandre sous le capot.
Le problème maintenant c’est que, d’après l’assurance, le coût des réparations est supérieur à la valeur de la voiture. Il y a donc deux choix : soit ils utilisent des pièces usagées plutôt que des pièces neuves pour remplacer le tout, soit ils me versent un montant représentant la valeur de la voiture. Ce qui me ferait bien chier, parce que selon eux ma voiture vaut moins de $4000 alors que selon moi elle en vaut plus (je l’ai payé $4300 et elle a des pneus neufs, ce qui compte). D’ailleurs, d’après l’argus local, elle vaut $4400 en “bonne condition” (ce qui était le cas avant l’accident). J’en saurai plus vendredi, quand j’aurais l’estimation officielle de l’assurance.
Entre temps, je me retrouve sans voiture – ce qui est vraiment la galère à Los Angeles. Heureusement, Laurel, ma coloc, à un ami qui a une vielle Chevrolet Cavalier à me prêter. C’est vraiment une bagnole pourrie (il n’y a plus d’airbags, un rétroviseur gauche qui ne se règle pas et des vitres teintées à travers lesquelles on ne voit rien), mais elle roule et c’est le principal.
J’organise donc une collecte de fond pour me soutenir dans ce moment psychologiquement très éprouvant. Pour envoyer vos dons, contactez-moi directement par la zone de commentaires située ci-dessous. Soyez sûrs que votre générosité sera appréciée à sa juste valeur. Dieu vous le rendra.



