Fri 18 Nov
Il y a deux semaines, j’avais eu un rendez-vous avec un monteur musique / compositeur qui recherchait un assistant. La rencontre s’était très bien passé : alors en pleine session de mixage sur Night Stalker (une série qui passe sur ABC), le monteur m’avait expliqué la nature du boulot, pourquoi il pensait que je devrais convenir au job, etc. Puis, il m’avait présenté aux mixeur, au monteur son, aux différents ingénieurs, etc.
Notre rendez-vous se déroulait dans un studio de mixage professionnel et autant dire que ça ne rigolait pas. C’était le rêve d’une vie : du matos à tomber à la renverse, cinq techniciens qui connaissent leur boulot mieux que personne. Le producteur qui fait des vas-et-vients incessants. Une dizaine d’ordinateurs connectés et synchronisés entre eux, une table de mixage aussi grande qu’un camion, cinq téléviseurs, un écran d’environ 10 mètres de diagonale, un son dément, des lumières qui clignotent de partout. Bref, le state-of-the-art, comme on dit ici.
Le deal était vraiment intéressant : travail à plein temps payé $2200 par mois pour commencer. En dehors de son travail comme monteur musique sur Night Stalker, le gars a dans ses cartons un job sur Deadwood, produit par HBO, et, en tant que compositeur, travaillera sur deux films l’année prochaine. Autant dire que la perspective de travailler avec un mec comme ça était vraiment motivante.
Il était censé me rappeler pour confirmer le mercredi soir ou le jeudi. Sans nouvelle de lui, je le rappelle le vendredi : son téléphone sonne, mais au bout de 5 ou 6 sonneries, je tombe sur le répondeur. J’envoie alors un email le soir-même. Pas de réponse. Sans me faire trop d’illusion, je réessaye de l’appeler le lundi suivant : même scénario, le téléphone sonne dans le vide.
Pas trop naïf, j’avais donc finalement décidé d’oublier ce job, cette opportunité manquée pour des raisons que j’ignore, quand je tombe il y a deux jours sur un article qui décrit une session d’enregistrement pour la série Night Stalker. L’article est accompagné de trois photos, et dans la deuxième, on peut y voir le monteur musique en question (Micha Liberman, le gros gars à droite).
Autant dire qu’imaginer que j’aurai pu participer à ce genre de session, avec un des orchestres les plus utilisés à Hollywood, ça fait mal… J’aurai sans doute très souvent dans ma carrière ce genre de déception. Mais c’est la première fois que ça arrive, et c’est un peu déprimant !